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13.11.2007
Encore : Parle-moi, Espagne
Encore : Parle-moi, Espagne
– Fort et haut, entière – martèle
Sans fausser ta voix d’entrailles
Des exilés, de tes morts, de tes vivants – sois,
Gueule ouverte, agitée, fiévreuse, baroque et frénétique
Dans mon ventre, Espagne : avec l’omniprésente douleur
De mon grand-père, dévoré de sa terre, exilé anarchiste
D’après guerre civile, ayant tué des frères,
Sans laquelle, sa terre, – laissée
Derrière soi – le ciel ne bouge plus
Que par instants ; alors le monde oppressé
Se met à respirer – enfin –, comme par défaut. Donc :
Dans la pureté ; et c’est le corps des foules
Au sang qui gronde et qui chante
Avec et sans les armes
Le chant des barricades et des sentiers.
De peur que je te perde : Parle-moi
Dans tes chants bruns où
La lumière scrute la mort pour s’y confondre
Et y resplendir.
Dis-moi les sources, les roches nues, les climats et les secrets
Qui ont des têtes de rapaces et de nobles vautours,
De ton opéra que tant de créateurs ont servi.
J’ai oublié ta langue ; je ne la parle plus ; mais ta langue
En moi se propage, se divulgue, s’infuse,
S’est fait organe de chair avec le cœur et les poumons ;
Comme un bras aussi. Espagne, grand-père, terres,
Vaste frégate qui bientôt s’en ira
En me laissant sa pleine cargaison d’or et d’aridité.
(1998)
- copyright Lionel Navarro tous droits réservés -
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Commentaires
Très beau, flamboyant !
Je suis également espagnole de lointaine ascendance mais surtout de cœur
Ecrit par : Colette | 28.11.2007
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